# Utiliser un drone au Vietnam : ce qu’il faut savoir

Le Vietnam s’impose aujourd’hui comme une destination privilégiée pour les passionnés de photographie aérienne. Ses paysages spectaculaires, de la baie d’Hạ Long aux rizières en terrasses de Sapa, offrent des perspectives visuelles uniques qui attirent chaque année des milliers d’opérateurs de drones. Pourtant, l’utilisation d’aéronefs sans pilote dans ce pays d’Asie du Sud-Est répond à un cadre réglementaire strict qu’il convient de maîtriser avant tout déplacement. Entre restrictions spatiales, exigences administratives et obligations techniques, le pilotage de drones au Vietnam nécessite une préparation minutieuse. Cette réalité réglementaire, loin de décourager les professionnels et amateurs, constitue plutôt un gage de sécurité et de respect des espaces sensibles. Comprendre ces règles devient donc indispensable pour transformer votre projet de captation aérienne en succès.

Réglementation CAAV : cadre juridique pour les drones de loisir et professionnels au vietnam

La Civil Aviation Authority of Vietnam (CAAV) constitue l’autorité de référence pour toute activité aéronautique dans le pays. Cette institution gouvernementale établit les normes applicables aux systèmes d’aéronefs sans pilote, communément appelés UAV (Unmanned Aerial Vehicles). Le cadre légal vietnamien distingue clairement les usages récréatifs des applications commerciales, chacun répondant à des obligations spécifiques. Pour les visiteurs étrangers comme pour les résidents, la méconnaissance de ces dispositions expose à des sanctions administratives significatives. Le système vietnamien s’articule autour d’une classification précise des appareils selon leur masse et leurs capacités opérationnelles, déterminant ainsi le niveau d’autorisation requis.

Décret n°128/2020/ND-CP : classification des UAV par masse et altitude opérationnelle

Le décret gouvernemental n°128/2020/ND-CP, entré en vigueur en janvier 2021, représente le texte fondateur de la réglementation moderne des drones au Vietnam. Ce document officiel établit une typologie en quatre catégories distinctes. Les appareils de moins de 250 grammes bénéficient d’un régime allégé, nécessitant uniquement le respect des zones de vol autorisées sans procédure d’enregistrement obligatoire. Les drones pesant entre 250 grammes et 25 kilogrammes relèvent d’exigences intermédiaires, avec enregistrement requis auprès de la CAAV pour toute utilisation dépassant le cadre strictement privé. Au-delà de 25 kilogrammes, les appareils entrent dans la catégorie professionnelle lourde, soumise à des protocoles d’autorisation complexes incluant des vérifications de sécurité approfondies. L’altitude maximale autorisée varie selon la classe : 50 mètres pour les drones non enregistrés, 120 mètres pour les appareils déclarés en usage récréatif, et jusqu’à 150 mètres pour les opérations professionnelles certifiées.

Zones interdites de vol : aéroports de tan son nhat, noi bai et périmètres militaires

Le territoire vietnamien comprend de nombreuses zones d’exclusion aérienne où tout vol de drone est strictement prohibé. Les périmètres des grands aéroports internationaux, notamment Tan Son Nhat à Hô Chi Minh-Ville et Noi Bai à Hanoï, imposent des restrictions dans un rayon de 10 kilomètres autour de leurs infrastructures. Ces limitations visent à prévenir toute

intrusion dans les trajectoires d’approche et de décollage des aéronefs habités. À cela s’ajoutent des zones aériennes restreintes autour des bases militaires, centres de commandement, ports maritimes stratégiques et infrastructures énergétiques critiques (barrages, centrales). La cartographie exacte de ces espaces n’est pas toujours accessible au grand public, ce qui impose une approche prudente : en cas de doute, mieux vaut s’abstenir de décoller. Les vols au-dessus des centres-villes denses, comme le Vieux Quartier de Hanoï ou le District 1 de Hô Chi Minh-Ville, sont également considérés comme sensibles et peuvent être assimilés à des infractions graves en l’absence d’autorisation expresse.

Procédure d’enregistrement auprès de la civil aviation authority of vietnam (CAAV)

L’enregistrement d’un drone auprès de la CAAV constitue une étape obligatoire dès lors que l’appareil dépasse 250 grammes ou qu’il est utilisé à des fins professionnelles. La procédure se déroule en plusieurs phases : identification de l’opérateur (personne physique ou morale), description technique détaillée du drone (marque, modèle, numéro de série, masse, systèmes de communication) et déclaration des scénarios d’utilisation envisagés. Les formulaires officiels, généralement disponibles en vietnamien, doivent être transmis accompagnés de copies de passeport, coordonnées complètes et, le cas échéant, licences de pilote à distance délivrées dans d’autres juridictions.

Une fois le dossier déposé, la CAAV procède à une analyse de conformité technique et de sûreté. Les délais de traitement oscillent habituellement entre 10 et 20 jours ouvrables, mais peuvent s’allonger en période de forte activité ou en cas de demande complexe impliquant plusieurs provinces. L’enregistrement aboutit, en cas d’acceptation, à la délivrance d’un identifiant unique d’aéronef sans pilote, qui doit être apposé de manière visible sur la structure de l’appareil. Cet identifiant est ensuite référencé dans une base de données nationale, permettant aux autorités de tracer l’opérateur en cas d’incident ou de survol non autorisé. Sans cet enregistrement, tout vol de drone de taille intermédiaire ou lourde est considéré comme illégal.

Sanctions pénales et amendes administratives pour utilisation non conforme

Le non-respect des règles édictées par la CAAV et les décrets gouvernementaux entraîne des sanctions pouvant rapidement s’avérer dissuasives. Sur le plan administratif, les amendes pour utilisation irrégulière d’un drone au Vietnam varient généralement de 1 000 000 VND (environ 40 EUR) à plus de 100 000 000 VND (près de 4 000 EUR) selon la gravité de l’infraction, la nature de l’espace survolé et le statut de l’opérateur (particulier ou entreprise). Le survol d’un aéroport, la captation d’images d’une base militaire ou l’exploitation commerciale sans permis valide figurent parmi les manquements les plus sévèrement sanctionnés.

Au-delà des amendes, les autorités disposent d’un arsenal de mesures complémentaires : confiscation temporaire ou définitive du drone, suppression des séquences vidéo enregistrées dans des zones sensibles, voire suspension des autorisations de vol précédemment accordées. Dans certains cas extrêmes, en particulier lorsque la sécurité nationale est jugée menacée, des poursuites pénales peuvent être engagées à l’encontre de l’opérateur, pouvant aboutir à des peines de prison. Il est donc essentiel, pour tout projet de tournage aérien au Vietnam, de considérer la conformité réglementaire non comme une simple formalité, mais comme un volet central de la préparation.

Équipements DJI autorisés : modèles mavic, phantom et mini compatibles avec les restrictions vietnamiennes

Les drones de la marque DJI représentent la majorité des appareils utilisés par les voyageurs et professionnels de l’image au Vietnam. Le cadre juridique vietnamien ne cible pas de constructeur en particulier, mais certaines gammes se révèlent naturellement plus adaptées aux exigences locales. Les séries Mini, Mavic et, dans une moindre mesure, Phantom, offrent un compromis intéressant entre performances et respect des seuils réglementaires de masse, d’altitude et de puissance d’émission radio. Le choix du modèle influe directement sur les obligations d’enregistrement, l’obtention de permis de vol et la probabilité de contrôles sur le terrain.

DJI mini 3 pro et mini 2 : exploitation sans licence pour drones sub-250g

Les DJI Mini 3 Pro et Mini 2, avec une masse inférieure à 250 grammes, s’inscrivent dans la catégorie la plus favorable définie par le décret n°128/2020/ND-CP. En pratique, ces drones peuvent être exploités sans enregistrement préalable auprès de la CAAV dès lors qu’ils sont utilisés dans un cadre strictement récréatif et en dehors des zones interdites de vol. Pour un voyageur souhaitant capturer quelques panoramas aériens de rizières ou de plages isolées, cette classe de drones représente souvent la solution la plus simple et la plus discrète.

Cela ne signifie toutefois pas une liberté totale : les Mini 3 Pro et Mini 2 restent soumis aux limitations d’altitude (50 à 120 mètres selon les situations), à l’interdiction de survoler les foules, les sites militaires et les aéroports, ainsi qu’au respect de la vie privée des personnes filmées. Leur faible signature sonore et leur taille réduite constituent un atout pour limiter les nuisances, mais vous devez conserver une approche responsable. En cas de contrôle, la capacité à démontrer que l’utilisation reste non commerciale et respectueuse des règles locales peut éviter bien des complications.

Mavic 3 et air 2S : exigences de certification pour drones de classe moyenne

Les DJI Mavic 3, Air 2S et autres modèles de masse comprise entre 600 grammes et 1,5 kilogramme entrent dans une catégorie intermédiaire beaucoup plus encadrée. Leur portée, leur autonomie et la qualité de leurs capteurs les destinent souvent à des usages semi-professionnels ou professionnels, ce qui attire la vigilance accrue des autorités vietnamiennes. Pour ces appareils, un enregistrement auprès de la CAAV et, dans la plupart des cas, l’obtention d’un permis de vol spécifique pour chaque opération commerciale sont fortement recommandés, voire exigés.

Cette exigence de certification repose sur une logique claire : plus un drone est lourd et performant, plus son impact potentiel sur la sécurité aérienne et la vie privée est important. Les opérateurs souhaitant utiliser un Mavic 3 pour un tournage documentaire, une campagne marketing ou la production de contenus vendus à des tiers devront constituer un dossier détaillé expliquant l’objectif du vol, les lieux exacts de captation, les dates et les mesures de sécurité prévues. Sans cette démarche, un vol apparemment anodin peut être requalifié en activité professionnelle illégale, avec à la clé des sanctions significatives.

Geofencing automatique : bases de données NFZ dans DJI fly et systèmes AeroScope

Les drones DJI intègrent des fonctionnalités de geofencing qui s’appuient sur des bases de données de zones à restriction de vol (NFZ, No-Fly Zones). Au Vietnam, ces bases prennent en compte la localisation des principaux aéroports, de certaines installations militaires et de périmètres urbains sensibles. Lorsque vous tentez de décoller dans une zone classée NFZ, l’application DJI Fly peut tout simplement empêcher l’armement des moteurs, ou exiger une procédure de déverrouillage encadrée. Cette sécurité logicielle agit comme une première barrière, mais elle ne couvre pas l’ensemble des restrictions locales, qui évoluent régulièrement.

En parallèle, le système AeroScope, déployé par DJI dans plusieurs pays, permet aux autorités de détecter en temps réel la présence de drones DJI, d’identifier leur modèle, leur emplacement et parfois l’identité de l’opérateur enregistré. Cette technologie, comparable à un radar spécialisé pour drones, renforce les capacités de surveillance autour des sites sensibles vietnamiens. Compter sur l’absence de contrôle serait donc illusoire : même si vous n’êtes pas interpellé sur le moment, un vol non conforme peut être tracé et donner lieu à une enquête a posteriori. L’utilisation éclairée des fonctions de geofencing, combinée à une vérification préalable de la légalité du site, reste la meilleure approche.

Permis de vol spéciaux pour sites touristiques : baie d’hạ long, terrasses de sapa et delta du mékong

Certains sites emblématiques du Vietnam, très prisés des photographes et vidéastes, font l’objet de régimes d’autorisation spécifiques. La baie d’Hạ Long, les rizières en terrasses de Mù Cang Chải ou encore les paysages lacustres du Delta du Mékong illustrent cette tendance : ils se situent souvent à la croisée d’enjeux touristiques, environnementaux et sécuritaires. Pour y faire voler un drone de manière légale, un simple enregistrement auprès de la CAAV ne suffit généralement pas. Des permis de vol spéciaux, délivrés en coordination avec les autorités provinciales et les services de la culture ou de l’environnement, deviennent nécessaires, en particulier pour des projets professionnels.

Autorisation préalable pour la baie d’hạ long : coordination avec le quảng ninh department of culture

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la baie d’Hạ Long est soumise à une réglementation stricte en matière de survol par drone. Toute captation aérienne à des fins commerciales ou de diffusion publique doit faire l’objet d’une autorisation préalable auprès du Quảng Ninh Department of Culture and Sports, en complément des démarches réalisées auprès de la CAAV. Le dossier doit détailler les points de décollage envisagés, les itinéraires de vol au-dessus des formations karstiques et des villages flottants, ainsi que les horaires précis pour limiter les nuisances pour les bateaux de croisière et la faune locale.

Dans la pratique, les autorités de Quảng Ninh privilégient les projets encadrés par des agences locales ou des sociétés de production déjà référencées. Pour un opérateur étranger, s’appuyer sur un partenaire vietnamien expérimenté dans les tournages en baie d’Hạ Long constitue souvent la voie la plus efficace. Vous vous demandez si quelques prises de vue rapides depuis le pont d’un bateau de croisière peuvent passer inaperçues ? Outre le risque d’interférences radio avec la navigation, ce type de vol sans autorisation peut être sanctionné par la confiscation immédiate du drone et une interdiction de poursuivre votre croisière.

Restrictions à hội an ancient town et temple my son : patrimoine UNESCO

La vieille ville de Hội An et le sanctuaire de Mỹ Sơn, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, appliquent également des restrictions importantes sur l’utilisation des drones. À Hội An, le survol du centre historique, caractérisé par ses maisons jaunes, ses lanternes et son pont couvert japonais, est en principe interdit sans autorisation formelle de l’administration municipale. Les autorités locales invoquent principalement la sécurité des visiteurs, l’intégrité architecturale et le respect de l’ambiance patrimoniale. Seules quelques équipes autorisées, souvent liées à des productions officielles, obtiennent ponctuellement des dérogations encadrées.

Au sanctuaire de Mỹ Sơn, l’approche est similaire : les temples cham en briques, nichés dans une vallée boisée, sont considérés comme particulièrement fragiles et sacrés. Le bruit et la proximité des drones pourraient non seulement perturber l’expérience des visiteurs, mais aussi être perçus comme un manque de respect envers le site. Dans ces lieux, mieux vaut privilégier la photographie au sol et, si un projet de tournage aérien s’avère indispensable, passer par une agence locale capable de centraliser les demandes d’autorisation. De manière générale, considérer un site UNESCO comme une zone potentiellement no-drone reste un réflexe pertinent.

Protocole d’approbation pour les rizières en terrasses de mù cang chải

Les rizières en terrasses de Mù Cang Chải, dans la province de Yên Bái, se prêtent idéalement à la captation aérienne grâce à leurs courbes spectaculaires et à la faible densité de population. Toutefois, la région n’est pas exemptée de réglementation. Pour des projets professionnels ou de grande envergure, un protocole d’approbation doit être suivi, impliquant la People’s Committee provinciale et les services du tourisme. Les autorités locales souhaitent en effet encadrer l’afflux de drones afin de préserver la quiétude des villages et d’éviter les incidents liés au survol des champs pendant les périodes de travail agricole.

Concrètement, le dossier doit préciser les saisons de tournage envisagées (plantation, pousse du riz, récolte), les zones de décollage éloignées des habitations et les mesures prises pour éviter tout survol direct des fermiers en activité. Une analogie utile consiste à considérer ces rizières comme un vaste plateau de tournage vivant : chaque intervention extérieure, même bien intentionnée, doit s’intégrer harmonieusement au quotidien des habitants. Pour un usage purement touristique avec un drone sub-250g, les autorités se montrent parfois plus conciliantes, mais la courtoisie élémentaire impose de demander l’avis des villageois et des guides locaux avant de faire décoller votre appareil.

Interdiction totale à côn đảo et phú quốc : zones militaires sensibles

Les archipels de Côn Đảo et, dans certaines parties, de Phú Quốc, occupent une position stratégique en mer de l’Est (mer de Chine méridionale) et abritent des installations militaires sensibles. Pour cette raison, plusieurs secteurs de ces îles sont soumis à une interdiction totale de vol pour les drones civils. À Côn Đảo, qui fut autrefois un bagne colonial et qui accueille aujourd’hui à la fois un parc national et des infrastructures de défense, les autorités appliquent une politique de tolérance zéro : tout appareil détecté en vol illégal peut être neutralisé ou saisi.

À Phú Quốc, la situation est plus nuancée, avec des zones touristiques où le vol de drones de loisir peut être toléré, mais également des secteurs entièrement interdits à proximité des bases militaires et de l’aéroport international. Comment distinguer ces périmètres lorsqu’aucun panneau n’est visible ? La meilleure stratégie consiste à se renseigner auprès des hébergements, des guides et, en cas de doute persistant, à renoncer au vol. Dans ces contextes, l’enjeu dépasse largement la simple vidéo de plage : il touche à la sécurité nationale vietnamienne, un domaine dans lequel les autorités ne transigent pas.

Assurance RC professionnelle et couverture dommages : obligations pour opérateurs commerciaux

Pour les opérateurs commerciaux de drones au Vietnam, l’assurance responsabilité civile (RC) n’est pas seulement une recommandation de bon sens, mais tend à devenir une exigence implicite des autorités et des clients institutionnels. Une police d’assurance RC dédiée aux activités de drone couvre les dommages corporels ou matériels causés à des tiers en cas de perte de contrôle, de collision ou de chute de l’appareil. Dans un environnement où les tournages se déroulent parfois à proximité de touristes, de routes ou d’infrastructures, cette protection financière constitue un pilier de la gestion des risques.

De plus en plus de contrats de tournage ou de prestations audiovisuelles imposent la présentation d’un certificat d’assurance valide, mentionnant spécifiquement l’usage de drones au Vietnam. Certaines compagnies internationales proposent des extensions de garantie couvrant les opérations à l’étranger, mais il est souvent nécessaire de vérifier que le territoire vietnamien est explicitement inclus. En complément de la RC, une assurance dommages couvrant le drone lui-même (chocs, immersion, vol) peut s’avérer pertinente compte tenu des conditions parfois difficiles : humidité élevée, vents côtiers, terrains escarpés. Là encore, l’analogie avec un tournage cinématographique classique s’impose : on n’envisage pas de filmer un blockbuster sans assurer caméras et équipes, il en va de même pour un drone de production haut de gamme.

Transmission vidéo et fréquences radio : conformité avec les normes MIC vietnamiennes

Au-delà de l’espace aérien, l’utilisation d’un drone implique l’émission de signaux radio et de flux vidéo, encadrés par le Ministry of Information and Communications (MIC). Les fréquences utilisées par les liaisons de commande et de retour vidéo, principalement en 2,4 GHz et 5,8 GHz, doivent respecter les puissances d’émission maximales fixées par la réglementation vietnamienne. Les opérateurs étrangers, habitués à la législation de leur pays d’origine, ont parfois tendance à sous-estimer cet aspect. Pourtant, un drone fonctionnant avec une puissance d’émission non conforme peut théoriquement être considéré comme un équipement radio illicite.

Les grandes marques, dont DJI, adaptent généralement les paramètres de puissance et de canaux utilisés selon la région sélectionnée dans l’application ou les données de géolocalisation. Toutefois, en cas de modification manuelle des réglages, d’utilisation de firmwares non officiels ou de systèmes de transmission customisés, l’opérateur prend le risque d’outrepasser les limites admises par le MIC. Intégrer la conformité radio à votre préparation de vol au Vietnam revient à vérifier que votre drone « parle » correctement la langue des ondes locales, sans interférer avec les autres services critiques (télécommunications, radar, navigation).

Bandes 2.4 GHz et 5.8 GHz : restrictions d’émission du ministry of information and communications

Les bandes de fréquences 2,4 GHz et 5,8 GHz sont classées comme bandes ISM (Industrial, Scientific and Medical) et sont largement utilisées par le Wi-Fi, le Bluetooth et de nombreux dispositifs sans fil au Vietnam. Le MIC fixe néanmoins des plafonds de puissance d’émission (en mW ou en dBm) afin de limiter les interférences entre équipements. Les systèmes de drones doivent s’y conformer, tout comme les routeurs ou les points d’accès domestiques. Pour l’utilisateur final, la plupart de ces paramètres restent transparents, mais l’utilisation d’amplificateurs de signal externes ou d’antennes non homologuées constitue clairement une violation de la réglementation.

Vous songez à installer un module d’amplification pour étendre la portée de votre drone au-dessus d’une baie ou d’une vallée reculée ? Cette pratique, en plus d’augmenter les risques de perte de contrôle au-delà de la ligne de vue, s’écarte des limites d’émission prévues par le MIC et peut entraîner des poursuites en cas de détection. Il est donc préférable de s’en remettre aux réglages d’origine du constructeur, déjà calibrés pour offrir un compromis entre portée et conformité légale. En cas de doute, consulter la documentation technique de votre modèle et, si nécessaire, demander conseil à un professionnel de la radiofréquence implanté au Vietnam peut éviter bien des mauvaises surprises.

Systèmes OcuSync 3.0 et lightbridge : compatibilité réglementaire des protocoles DJI

Les protocoles de transmission OcuSync (et ses déclinaisons 2.0, 3.0, etc.) et Lightbridge, développés par DJI, combinent fréquence, modulation et techniques d’étalement de spectre pour assurer une liaison stable entre le drone et la radiocommande. Au Vietnam, ces systèmes sont globalement considérés comme compatibles avec les normes du MIC, sous réserve d’une utilisation dans le cadre des paramètres régionaux par défaut. OcuSync 3.0, par exemple, alterne dynamiquement entre 2,4 GHz et 5,8 GHz en fonction des interférences, tout en maintenant la puissance dans des plages respectant les réglementations locales.

Pour l’opérateur, l’enjeu consiste surtout à éviter toute manipulation susceptible de contourner ces garde-fous intégrés : modification non autorisée du firmware, installation de logiciels tiers permettant de forcer les canaux ou l’augmentation de la puissance, etc. De la même manière qu’un pilote de drone doit respecter les altitudes imposées par la CAAV, il doit laisser le protocole de transmission opérer dans les limites prévues par le constructeur et validées par les autorités. En pratique, en conservant l’application DJI officielle, en maintenant son drone à jour et en s’abstenant de toute bidouille matérielle ou logicielle, vous demeurez dans un cadre technique acceptable pour le marché vietnamien.

Déclaration obligatoire des équipements émetteurs en douane vietnamienne

À l’entrée sur le territoire, les services douaniers vietnamiens disposent du droit de vérifier et, le cas échéant, de consigner les équipements émetteurs que transportent les voyageurs : drones, radiocommandes, émetteurs vidéo autonomes, micro HF, etc. Dans la plupart des cas, les drones de loisir ne font pas l’objet de déclarations spécifiques, surtout lorsqu’ils sont clairement destinés à un usage personnel. Toutefois, pour des équipements professionnels de forte puissance ou pour des tournages impliquant plusieurs drones et stations au sol, les autorités peuvent exiger une déclaration écrite ou des justificatifs d’autorisation d’utilisation des fréquences.

Cette obligation vise à éviter l’importation temporaire de matériel de radiocommunication susceptible de perturber les réseaux locaux ou d’être utilisé à des fins non déclarées. Pour un projet professionnel, prévoir à l’avance la liste complète des équipements émetteurs, accompagnée de leurs spécifications techniques, facilite grandement le passage en douane. Là encore, travailler avec un partenaire vietnamien, habitué à ce type de formalités, peut faire la différence entre un passage fluide et une retenue prolongée de votre matériel à l’aéroport. En cas de contrôle, la transparence et la cohérence entre vos déclarations et la réalité de votre projet de tournage constituent vos meilleurs alliés.

Workflow d’importation temporaire : formalités douanières à l’aéroport international de đà nẵng

L’aéroport international de Đà Nẵng, troisième porte d’entrée aérienne du pays après Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, revêt une importance particulière pour de nombreux projets de tournage dans le centre du Vietnam. Les formalités d’importation temporaire de drones y suivent une logique proche de celle des autres aéroports, mais avec quelques spécificités. Les agents des douanes sont réputés pour leur vigilance accrue vis-à-vis des équipements électroniques, en particulier lorsque les bagages contiennent plusieurs drones, des batteries en grand nombre ou des valises techniques marquées au nom de sociétés de production. Un workflow clair d’importation temporaire permet d’anticiper ces contrôles et de limiter les blocages.

La première étape consiste à transporter le drone et ses batteries en bagage cabine, conformément aux règles de sécurité liées aux accumulateurs lithium. À votre arrivée à Đà Nẵng, il est recommandé de regrouper tous les éléments liés au drone (appareil, radiocommande, chargeurs, filtres ND, etc.) dans un même contenant, afin de faciliter l’inspection visuelle en cas de demande. Si un agent vous interroge sur l’usage prévu, expliquer calmement qu’il s’agit d’un matériel de prise de vue pour voyage personnel ou, le cas échéant, présenter les autorisations de la CAAV et des autorités locales pour un projet professionnel contribue à instaurer un climat de confiance.

Pour les importations temporaires de plus grande envergure, impliquant plusieurs drones et accessoires professionnels, il peut s’avérer pertinent d’établir une liste détaillée (type carnet ATA ou liste d’effets professionnels) mentionnant le numéro de série et la valeur approximative de chaque pièce. Les douanes de Đà Nẵng peuvent alors enregistrer ces informations et s’assurer que le matériel sera réexporté à la fin du séjour. Dans certains cas, un dépôt de garantie ou une preuve d’assurance internationale peut être demandé, bien que cette pratique demeure rare pour les petites équipes. En résumé, plus votre projet de captation aérienne au Vietnam est structuré et documenté, plus le passage à Đà Nẵng se déroule sereinement, vous permettant de vous concentrer sur l’essentiel : la qualité de vos images et la sécurité de vos opérations de vol.